La violence en établissement c’est un sujet qui revient souvent dans nos discussions avec les établissements. Lors de visites de terrain, d’échanges avec des cadres de santé, ou encore pendant nos formations. Le constat est souvent le même, les situations d’agressivité et de violence font désormais partie du quotidien des équipes.

Ce ne sont pas toujours des faits spectaculaires. Parfois ça commence par des tensions, des mots plus durs, des incompréhensions. Mais à force de répétition ces situations pèsent sur les professionnels et sur la qualité de la prise en soin.

À l’IFSO, nous le constatons aussi très concrètement. Les formations liées à la prévention et à la gestion de la violence font aujourd’hui partie des plus demandées par les établissements.

 

De quoi parle-t-on vraiment ?

Quand les équipes évoquent la violence, elles parlent en réalité de situations très diverses.

Il y a les incivilités du quotidien
une remarque déplacée, une impatience exprimée de manière brusque, des interruptions répétées. Des situations parfois minimisées, mais qui accumulées, créent une fatigue relationnelle importante.

Il y a aussi l’agressivité verbale
hausse de ton, insultes, menaces. Le personnel d’accueil est souvent en première ligne, mais toutes les fonctions sont concernées. Derrière ces réactions, il y a souvent de la peur, de la frustration, de la détresse.

Et puis, plus rarement mais de manière très marquante, il y a les violences physiques.
Elles restent minoritaires, mais leurs impacts sont forts sur la sécurité, sur la santé mentale des professionnels, et sur leur rapport au métier.

Les équipes nous décrivent aussi des situations très différentes selon les contextes :

  • des comportements liés à des troubles du discernement (pathologies, addictions…)
  • des réactions de proches sous tension
  • parfois même des tensions internes entre professionnels

Autant de réalités qui demandent des réponses adaptées.

 

Ce ressenti des équipes est aujourd’hui confirmé par les données nationales. Selon l’Observatoire national des violences en santé (ONVS), plus de 20 000 signalements ont été enregistrés en 2024, en hausse constante ces dernières années.

Un chiffre à prendre avec précaution car il reste en réalité en dessous de ce que vivent les équipes au quotidien, car toutes les situations ne sont pas déclarées.

 

Pourquoi ces situations se multiplient ?

Là encore, les professionnels ont une lecture très lucide.

Ils parlent d’abord d’un contexte sous tension. Des délais d’attente, des organisations complexes, des services parfois saturés. Pour les patients et les familles, cela peut générer de l’incompréhension, voire un sentiment d’abandon.

Du côté des équipes, la charge de travail est souvent évoquée. Moins de temps disponible, plus de sollicitations et donc parfois moins de marge pour apaiser une situation dès ses premiers signes.

Il y a aussi une évolution plus globale du rapport au soin et à l’institution. Une attente forte, une exigence accrue, et parfois une défiance qui peut s’exprimer de manière brutale.

 

Ce que l’on met en place avec les établissements

Face à ces constats, les établissements ne restent pas sans réponse et c’est souvent à ce moment-là que nous intervenons, en co-construction avec eux.

Nos formations sur la prévention et la gestion des situations de violence partent toujours du réel : des situations vécues, des difficultés rencontrées, des marges de manœuvre concrètes.

L’objectif n’est pas seulement d’apprendre des techniques, c’est surtout de redonner des repères, de la confiance, et des leviers d’action.

Concrètement, on travaille notamment sur :

  • l’identification des signaux faibles avant que la situation ne dégénère
  • les postures de communication qui permettent d’apaiser
  • la gestion de ses propres émotions dans des moments de tension
  • des mises en situation proches du terrain pour s’entraîner

Ce sont souvent ces temps d’échange entre professionnels qui font la différence.
Parce qu’ils permettent de prendre du recul et de se rendre compte qu’on n’est pas seul à vivre ces situations.

 

Nos formations sur la violence en établissement

Prévention et gestion de la violence et de l’agressivité en établissement

Gestion de la violence et de l’agressivité en établissement (Inter e-learning)

 

Ce que ça change, concrètement

Ce que les équipes nous disent après les formations est assez parlant.

Elles ne nous disent pas que les situations difficiles disparaissent mais plutôt qu’elles se sentent mieux outillées pour y faire face. Qu’elles arrivent à désamorcer plus tôt certaines tensions et qu’elles se sentent plus légitimes dans leurs réactions. Et que, progressivement, cela améliore le climat au sein des équipes.

 

Et si on changeait le regard ?

Parler de violence en établissement, ce n’est pas pointer du doigt c’est reconnaître une réalité, pour mieux la traiter collectivement. C’est aussi rappeler que la relation de soin est par nature une relation humaine donc parfois fragile.

Former, accompagner, outiller les professionnels c’est leur donner les moyens de continuer à faire leur métier dans de bonnes conditions. Et, au fond, c’est aussi prendre soin de ceux qui prennent soin des autres.

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