On entend parfois parler d’AS et d’ASG comme s’il s’agissait de deux métiers complètement différents mais en réalité c’est plus simple que ça.
Une ASG, ou Assistante de Soins en Gérontologie, est d’abord une professionnelle déjà diplômée, souvent aide-soignante, qui a suivi une formation complémentaire pour mieux accompagner les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de maladies apparentées ou de troubles neurocognitifs.
Alors, qu’est-ce qui change vraiment après la formation ASG ? Le métier de départ reste le même mais le professionnel acquiert de nouvelles compétences, une meilleure compréhension des situations et des outils supplémentaires pour adapter son accompagnement.
Aide-soignante et ASG : deux fonctions complémentaires
Une aide-soignante accompagne les personnes dans les soins et les actes de la vie quotidienne. Si on reprend les compétences du métier, elle veille à leur confort, à leur hygiène, à leur sécurité et au maintien de leur autonomie, en lien avec les autres membres de l’équipe.
Lorsqu’elle suit la formation d’assistant de soins en gérontologie, elle ne cesse pas d’être aide-soignante. Elle enrichit sa pratique avec des connaissances et des techniques plus spécifiques à l’accompagnement des personnes présentant des troubles cognitifs. On est donc pas sur une opposition entre deux métiers mais plutôt sur une montée en compétences.
Une ASG reste avant tout aide-soignante
La formation ASG ne remplace pas le diplôme initial, elle vient le compléter.
Une aide-soignante formée à la fonction d’ASG continue à réaliser les soins qui relèvent de son métier et à travailler au sein de l’équipe. Mais elle dispose de compétences supplémentaires pour comprendre certaines réactions, adapter sa communication et proposer un accompagnement plus personnalisé.
« La professionnelle reste aide-soignante, mais elle développe une autre façon de regarder les situations », explique Justine Grondin, ingénieure de formation à l’IFSO.
Cette évolution peut notamment l’aider lorsqu’une personne refuse un soin, devient agitée, semble désorientée ou n’arrive plus à exprimer clairement ses besoins.
Quelles missions supplémentaires pour une ASG ?
Ce qui change surtout c’est la manière d’observer et d’accompagner la personne. L’ASG apprend à mieux tenir compte de son histoire, de ses habitudes, de son environnement et de ses capacités encore présentes. Elle cherche à comprendre ce qui peut expliquer un comportement et à ajuster sa posture en conséquence.
Elle peut également participer à la mise en place d’activités adaptées, au maintien du lien social et à la réflexion menée par l’équipe autour du projet d’accompagnement.
Un accompagnement renforcé des troubles neurocognitifs
La maladie d’Alzheimer et les autres troubles neurocognitifs peuvent modifier la mémoire, la communication, le comportement ou la perception de l’environnement. Face à ces changements les réponses habituelles ne fonctionnent pas toujours.
La formation ASG aide la professionnelle à se poser d’autres questions. La personne a-t-elle compris ce qu’on lui demande ? Est-elle inquiète ? Ressent-elle une douleur ? Le moment ou l’environnement sont-ils adaptés ? Peut-on lui laisser davantage de temps ou lui proposer une autre manière de participer ? L’objectif n’est pas de chercher une recette valable pour toutes les situations, mais de mieux observer les besoins de la personne et ses capacités.
L’ASG apprend aussi à proposer des activités qui ont un sens. Elles peuvent servir à stimuler une capacité, favoriser la communication, apaiser une situation ou simplement procurer du plaisir.
Dans quelles situations les compétences ASG sont-elles utiles ?
Les compétences acquises pendant la formation peuvent être mobilisées dans de nombreuses situations du quotidien. Elles sont utiles lors des soins, mais aussi pendant les repas, les déplacements, les activités, les temps d’attente ou les échanges avec les proches.
Elles peuvent, par exemple, aider à accompagner une personne qui déambule, qui répète les mêmes questions, qui refuse de participer ou qui présente un changement de comportement. Dans ces moments l’ASG prend le temps d’observer la situation dans son ensemble.
Des outils concrets pour mieux comprendre la personne
La formation donne aux professionnels des outils qu’ils peuvent tester directement dans leur établissement ou leur service. Ils travaillent notamment sur la communication, l’adaptation de l’environnement, le maintien de l’autonomie et l’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne.
Les stagiaires viennent aussi avec leurs propres situations. Ils peuvent expliquer ce qui les met en difficulté, entendre les expériences des autres participants et réfléchir à d’autres façons de faire.
« La formation permet de prendre du recul. On ne reste pas seul face à une situation qui ne fonctionne pas », précise Justine Grondin.
À l’IFSO, les participants rencontrent des professionnels issus de plusieurs métiers, comme des aides-soignants, des infirmiers, des psychologues, des ergothérapeutes, des animateurs ou des éducateurs. Cette diversité permet de croiser les regards et de mieux comprendre la place de chacun dans l’accompagnement.
Pourquoi devenir ASG quand on est aide-soignante ?
Une évolution de carrière
Suivre une formation ASG permet d’abord de gagner en compréhension et en assurance dans sa pratique. Certaines situations peuvent être éprouvantes lorsqu’on ne comprend pas ce qui provoque la réaction de la personne ou lorsque les réponses proposées semblent ne pas fonctionner.
Elle peut aussi donner à l’aide-soignante une place différente au sein de l’équipe grâce à ses nouvelles compétences. C’est une évolution de carrière. Grâce à ses nouvelles compétences elle peut participer à la construction de projets adaptés aux besoins des personnes.
Une montée en compétences utile à toute l’équipe
Les bénéfices de la formation ne concernent pas seulement la professionnelle formée. Lorsqu’une ASG partage ses connaissances et ses observations, c’est toute l’équipe qui peut faire évoluer ses pratiques.
Pendant la formation, chaque stagiaire construit d’ailleurs un projet à partir d’un besoin réel repéré dans sa structure. Il peut concerner une personne, un groupe, une activité ou une situation du quotidien. Le professionnel réfléchit à son objectif, aux moyens nécessaires et à la façon d’évaluer les résultats. Il repart ainsi avec une action concrète qu’il peut mettre en place dans son établissement ou son service.
La différence entre une aide-soignante et une ASG tient donc moins au métier exercé qu’aux compétences développées.
L’aide-soignante reste aide-soignante. La formation d’assistant de soins en gérontologie lui permet cependant d’aller plus loin dans l’accompagnement des personnes atteintes de troubles neurocognitifs, avec davantage de repères, d’outils et de recul sur les situations rencontrées.
Pour découvrir le contenu, la durée et les prochaines sessions, consultez la page consacrée à la formation ASG de l’IFSO.
